À chacun sa barque…

Qui ne s’est jamais demandé quel était le meilleur régime alimentaire à adopter pour rester en bonne santé, quelle hygiène de vie pour retrouver la forme? La dernière décennie a été marquée par des comparaisons en tous genres, la mise en avant de véritables « modes ». Difficile de s’y repérer entre tous ces conseils souvent contradictoires. En réalité, ces phénomènes témoignent d’une même réalité : nous sommes véritablement coupés de nous-mêmes et de ce qui fait sens. Surtout, nous passons à côté d’un fait non négligeable : nous sommes tous uniques. L’Ayurveda parle de « constitutions ayurvédiques » et estime que chaque personne a son fonctionnement propre. Inutile, donc, de suivre de grandes tendances ou de chercher des moyens de se soigner à l’autre bout de la terre. L’essentiel étant de se (re)découvrir pour comprendre ce qui nous convient, ce qui nous « nourrit », et à l’inverse, ce qui nous déséquilibre.  

La constitution ayurvédique repose sur les trois doshas, Vata, Pitta et Kapha. Selon l’Ayurveda nous sommes tous constitués de ces trois doshas avec une tendance prédominante pour l’un d’entre eux ou plus. De ces tendances, sept constitutions ayurvédiques ont été identifiées : Vata, Pitta, Kapha, Vata/Pitta, Vata/Kapha, Pitta/Kapha, Vata/Pitta/Kapha (on parle pour cette dernière de constitution tridoshique). Cette constitution ayurvédique est ce qu’on appelle notre Prakriti, que nous devons maintenir pour rester en bonne santé.

En revanche, tout dérèglement de ce Prakriti entraîne Vikriti, le désordre momentané, à l’origine de maladies et de troubles. Plusieurs causes peuvent engendrer des déséquilibres : l’alimentation peu adaptée, l’environnement, le climat, les changements de saison, le temps, l’âge, les chocs, le stress, les émotions négatives ou réprimées… Notre état de santé est continuellement changeant et c’est la raison pour laquelle nous devons sans cesse chercher à adapter notre alimentation et notre hygiène de vie. Quoi de plus logique, quand on y pense ?

Lorsque l’on sait que ce sont les déséquilibres des doshas qui entraînent des troubles physiques ou psychiques à l’origine de maladies, nous comprenons que tout le travail réside dans cette recherche d’équilibre. Lorsqu’un déséquilibre apparait, il est donc important de chercher quels changements en sont la cause afin de mieux pouvoir remédier à la situation. C’est le but du diagnostic de constitution réalisé par tous les thérapeutes ayurvédiques, et qui se base sur une observation de phénomènes physiques sur la personne, d’une prise de pouls, et sur un questionnaire de constitution qui explore à la fois des tendances physiques que mentales. Ce diagnostic va aider à déterminer à la fois le prakriti et le vikriti, et c’est à partir de cette observation qu’un protocole pourra être proposé.

Mais quelles sont les propriétés de ces trois doshas dont nous sommes constitués? Vata (l’air et le mouvement), Pitta, (le feu et la transformation), et Kapha, (l’eau, la terre et la solidité), sont tous trois responsables de plusieurs propriétés physiques et psychologiques.

Vata c’est « ce qui fait bouger les choses ». Il est responsable des mouvements, des éliminations, de la communication, des sentiments ou émotions tels que la peur, l’anxiété, la nervosité, l’insécurité, mais aussi la gaieté. Pitta, c’est « ce qui digère les choses ». Il gouverne le métabolisme, la température du corps, la digestion, l’absorption, l’assimilation, la compréhension, le courage, la confiance. Kapha, c’est « ce qui relie les choses entre elles ». Il est responsable du développement du corps et gouverne la stabilité, la résistance du corps, la lubrification et l’immunité, de l’hydratation, de la nutrition. Il est aussi responsable de la stabilité émotionnelle et soutient physiquement et émotionnellement.

La diminution ou l’augmentation de chacun de ces doshas entraîne donc des conséquences sur les autres doshas et sur l’ensemble du corps ou sur l’état psychologique de la personne. L’approche ayurvédique est en ce sens radicalement différente de l’approche occidentale de la médecine. Là où, en Occident, nous pensons l’alimentation en termes de nutriments, de vitamines, et où nous traitons principalement les symptômes, l’Ayurveda nous pousse à être sans cesse en quête d’équilibre. Par exemple, les aliments sont choisis en fonction de leurs propriétés (chauffante ou rafraichissante), de leurs goûts, du type de digestion qui leur correspond et de la façon dont ils peuvent rééquilibrer notre corps et diminuer notre vikriti.

Plutôt que d’essayer tous les régimes alimentaires possibles et imaginables, l’Ayurveda nous invite donc à nous recentrer et à nous mettre à l’écoute de nos besoins, de nos tendances, de notre constitution, afin de pouvoir trouver l’alimentation et l’hygiène de vie qui nous correspondent et qui nous permettront de garder forme et santé le plus longtemps possible.


 

 

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